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Les semi-conducteurs et les banques boudent la hausse

Les opérateurs ont démarré la semaine du 10 au 14 décembre dans l’inquiétude concernant la crise politique en Italie. Le retour de S.Berlusconi sur la scène politique a de fait réduit à néant le soutien de son parti, le PDL, à Mario Monti, l’actuel chef de gouvernement.

Ce soutien politique étant défaillant, la coalition qui soutient le gouvernement Monti vient donc de sauter, déclenchant la démission du chef du gouvernement après le vote du budget.

Coup de théâtre majeur (avec le risque de créer de l’instabilité) ou simple coup d’épée dans l’eau ? (si Berlusconi se résignait à briguer un mandat de député et non une place de Président du Conseil, cela pourrait amener Monti à se présenter également), le futur est devenu plus incertain depuis une semaine. D’autres rebondissements ne sont pas à exclure

La bourse de Milan sauve l’essentiel après une assez violente chute à l’ouverture des marchés après le week-end. Le gap de rupture baissière laissé béant sous 15500 points a pu être comblé et invalidé. Également à la croisée des chemins comme nombre d’indices actuellement et toujours sous le coup d’une tendance baissière moyen et long terme, le MIB évite donc la purge. Il reste néanmoins dans une configuration vulnérable.

Hormis cette nouvelle ‘donne’ en Italie, le reste de l’actualité en Europe a porté essentiellement sur la finalisation d’une bonne partie des opérations annoncées courant juin 2012, lesquelles s’avèrent plutôt favorables.

En quelques jours, l’Europe aura ainsi réussi à boucler le rachat de dettes de la Grèce propre à permettre le déblocage par le FMI et l’UE de l’aide de 34,3 milliards d’euros la semaine prochaine. Du même coup, la recapitalisation des banques grecques est en passe d’aboutir puisque presque la moitié de la somme, 16 milliards d’euros, leur seront fournis.

En Espagne, le pays a reçu mardi dernier les 39 milliards de la part du MES, le fonds de sauvetage européen, dont 37 vont permettre de recapitaliser 4 banques nationalisées. Les 2,5 milliards restants vont abonder la structure de defaisance (bad bank où sont logés les actifs litigieux), la Sareb.

Enfin, le premier pilier de l’union bancaire, à savoir le mécanisme de supervision bancaire commun a été mis sur pied, sous l’égide de la BCE qui aura sous sa coupe entre 150 et 200 banques européennes. Les 2 autres piliers, le mécanisme de résolution des crises bancaires et la garantie commune des dépôts restent en suspens, bien loin d’être finalisés.

L’Europe s’offre également un répit dans la dégradation de ses carnets de commandes (New orders ci-dessus) pour le secteur manufacturier selon les tous premiers chiffres de décembre.

Elle reste néanmoins à la traîne des USA et de la Chine. 2nd réserve, si l’indicateur avancé PMI de la zone euro en matière d’activité du secteur manufacturier et des services progresse, en données préliminaires pour décembre de 46,5 à 47,3, cela est principalement le reflet d’un regain de vigueur du secteur des services allemand (à 52,1 contre 49,7 en novembre)

En matière manufacturière, l’indice PMI flash pour décembre décroît encore en Allemagne, passant de 46,8 en novembre à 46,3. Le mois de décembre est d’ailleurs le premier mois de confirmation du ralentissement allemand puisque la décrue perceptible depuis plusieurs mois au travers de ces indicateurs avancés commence à transparaître dans les statistiques officielles (production industrielle en baisse de 2,6% en octobre selon le Ministère fédéral de l’Économie)

Sur le plan boursier, malgré des carnets de commandes qui apparaissent comme autant de soulagements aux USA et en Chine, le secteur des semi-conducteurs ($SOX ci-dessus), à la base du rythme des investissements et donc très souvent précurseur, fait la fine bouche.

La zone du décrochage de la fin septembre (vers 390) est loin d’avoir été reprise. En fin de semaine, les prises de bénéfices ont été manifestes.

Le Dow Jones, après le débordement de sa résistance autour de 13000 points, aura rejoint sa seconde cible/résistance vers 12200-12300 avant de céder également à quelques prises de bénéfices. Il ne s’agit toujours que de simples retracements (61,8% de la chute précédente entre les extrêmes) et non d’un mouvement de reprise haussière.

Qualifiée de plus solide il y a 15 jours, la configuration de court terme du Dow Jones s’est d’ailleurs légèrement affaiblie en fin de semaine. Il pourrait revenir tester la MA(200) si les semi-conducteurs et le secteur bancaire continuaient à rester absents du mouvement de hausse.

Afin d’éviter à la fois le risque de faux signal dans le voisinage de la MA200 et toute surprise négative sur le plan politique concernant la fiscal cliff, un seuil d’alerte intermédiaire est positionné sous 12900 points.

De son côté, le CAC40 a montré une belle résistance aux coups de théâtre politiques italiens. Le gain hebdomadaire de 1,04% dans ce contexte apparaît d’autant plus solide que le secteur bancaire n’a pas participé à cette progression (BNP -1,9%)

Le principal enseignement de la semaine passée concerne la zone autour de 3600 points désormais mieux délimitée dans ses seuils où le rapport acheteurs/vendeurs peut basculer après une semaine empreinte d’indécision dans le franchissement.

Le CAC40 s’est ouvert le chemin vers 3900 points. Un chemin qui serait invalidé sous cette zone support avec un premier seuil à 3615-(3610) puis un second à 3585-(3570).

Gilles Caye



Gilles Caye
l'analyse de la semaine

Chaque semaine, je reviens sur les
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17/12/2012
Gilles CAYE, diplômé de l'ESSCA et de l'Université de Dublin, a été banquier pendant 11 ans au CIC. Il est également écrivain et auteur de l'ouvrage « j'apprends la bourse à ma mère » et du blog Apprendre la bourse.