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Le marché joue l’Europe contre Wall Street

Point central de la semaine passée, le résultat de la présidentielle américaine a été salué par les marchés. La joie n’aura été cependant que de très courte durée à la suite de la réélection de Barack Obama.

Dès le lendemain, lors de la séance du 7 novembre, le Dow Jones a en effet accusé son plus fort repli de l’année enfonçant à la baisse sa moyenne mobile à long terme à 200 jours.

Face aux conclusions des 2 derniers points de marché hebdomadaires, comme la nécessité d’avoir un suivi graphique absolu du CAC40 pour les prochaines semaines, encore renforcé par la configuration très tangente du Dow Jones et la clôture assez précaire de celui-ci le 2 novembre, cela n’apparaît pas comme une surprise.

Tout ceci est d’autant moins une surprise que les mouvement potentiellement violents font partie des risques clairement mis en lumière depuis plusieurs semaines. Le pétrole s’y est d’ailleurs distingué une nouvelle fois avec une chute mercredi de 4$ sur le baril de light crude américain.

Néanmoins, il convient de prendre un peu de recul sur l’évolution des marchés actions de part et d’autre de l’Atlantique pour bien comprendre l’environnement actuel.

Un mouvement de convergence entre indices américains et européens est en cours. Encore très faible et assez récent, il s’agit toutefois d’une première en 3 ans. Après le creux majeur sur tous les indices en mars 2009, la hausse des différentiels de taux d’intérêts (spreads) entre les différents pays en Europe a généré une longue séquence durant laquelle les indices européens ont divergé entre eux et vis à vis du marché actions US.

Ces divergences de taux d’intérêts, tout comme sur les indices actions, se sont accélérées lors des 2 grandes phases de stress vécues en 2010 et en 2011 (cerclées en rouge ci-dessus)

Cette décorrélation ne connaît plus d’amplification à l’heure actuelle.

Sur 6 mois, les indices européens font même apparaître une sur-performance par rapport au Dow Jones à compter du milieu de l’été.

On voit bien ci-dessous, que progressivement, les marchés européens se sont assagis, même dans le sud de l’Europe, et évoluent ensemble depuis environ 6 semaines.

On a là le résultat des décisions prises en Europe cet été mais aussi, le fruit d’une évolution silencieuse, maintes fois amenée par petites touches au 1er semestre et qui désignaient, ailleurs qu’en Europe, d’autres éléments susceptibles de se manifester dans la seconde partie de l’année, notamment au sujet de la falaise budgétaire américaine.

Le suivi du Dow Jones et du marché américain va donc revenir naturellement au centre de l’attention fin 2012 et début 2013.

Il revient au centre de l’attention, non seulement parce qu’il est le marché directeur, mais surtout parce les sensibilités redeviennent assez comparables de part et d’autres de l’Atlantique. Enfin, il concentre une grande partie des risques de marché pour les prochaines semaines comme nous allons le voir en fin d’article.

Concernant le CAC 40, le calage du marché parisien sur Wall Street est patent. La sortie avortée (noté 4 sur le graphique ci-dessus) du diamant à la suite de la réélection d’Obama a été suivie d’un nouveau décrochage net dans le prolongement de la chute du Dow Jones.

Il s’agit d’une nouvelle manifestation, comme lors de la première semaine de septembre, de l’incapacité du marché à tenir lorsqu’il ne dispose plus de nouvelles à partir desquelles il peut nourrir ses anticipations et sur lesquelles spéculer, la saison des résultats du 3ème trimestre arrivant par ailleurs à sa fin.

Cela va au-delà du comportement naturel et habituel des marchés très bien résumé par le vieil adage boursier « acheter la rumeur, vendre la nouvelle ».

Cet échec des acheteurs est encore plus net et rapide que celui vécu en septembre à la suite des annonces de la BCE, de l’approbation du MES par la Cour Constitutionnelle allemande, et du nouveau programme mis en place par la Fed.

D’un point de vue graphique, les acheteurs vont donc avoir fort à faire puisqu’une nouvelle zone de résistance est présente entre 3480 et 3520 points.

Le CAC40 aura limité ses pertes hebdomadaires à -2% environ à la faveur de l’atteinte d’un support intermédiaire issu des plus bas de juin et août derniers et grâce à l’arrêt de la chute du Dow Jones.

Ce dernier est revenu sur son support ascendant depuis mars 2009 à 12815 points.

La configuration graphique du Dow Jones traduit une fin de mouvement. Les cours évoluent au sein d’un biseau ascendant dans lequel les phases haussières sont de moins en moins fortes.

La dynamique haussière s’épuise. Cet essoufflement s’exprime d’autre part au travers de divergences baissières sur les indicateurs RSI et MACD.

Des divergence assez fortes sont présentes entre leurs sommets en phase baissière et les plus hauts du Dow Jones en phase haussière. Ceci traduit une force sous-jacente en perte de puissance et des derniers mouvements de hausse sans doute de moins en moins sains.

En conclusion, si le retour des acheteurs n’est pas à exclure dans un premier temps, le suivi graphique du Dow Jones devient une priorité absolue ces prochaines semaines avec des conséquences notables sur le CAC40, en cas de rupture baissière.

D’un point de vue fondamental, le résultat des élections aux USA, outre la réélection d’Obama, se solde par la conservation du Sénat par les Démocrates et la Chambre des Représentants par l’opposition, les Républicains. L’impasse politique sur la question du budget 2013 reste donc pleinement d’actualité à ce stade.

Gilles Caye



Gilles Caye
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Chaque semaine, je reviens sur les
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17/12/2012
Gilles CAYE, diplômé de l'ESSCA et de l'Université de Dublin, a été banquier pendant 11 ans au CIC. Il est également écrivain et auteur de l'ouvrage « j'apprends la bourse à ma mère » et du blog Apprendre la bourse.