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Le CAC40 avance à reculons

L’année 2012 se termine sur un redressement de l’activité économique mondiale, principalement portée par la vigueur du secteur des services (courbe orange ci-dessous) qui bondit de 3 points sur un mois en novembre à 54,9.

La réaction est identique pour le secteur manufacturier (courbe bleue) mais dans une moindre mesure puisque le gain n’est que de 0,9 point à 49,7 à fin novembre.

Le secteur manufacturier sur le plan mondial revient donc à peine en zone de stagnation et évolue toujours comme depuis une vingtaine de mois sous celui des services, une situation caractéristique des ralentissements économiques prononcés (cercles noirs) alors que la vigueur supérieure de ce secteur par rapport à celle du secteur des services dénote plutôt en général l’inverse, c’est à dire une augmentation du rythme de croissance (cercle vert)

Sur le plan géographique, une autre dualité est présente.
La croissance de l’activité aux USA est supérieure à la croissance du reste du monde, comme en témoigne ci-dessous les 2 courbes représentatives des indicateurs avancés PMI mondiaux (en bleu) et hors USA (en noir).

Le secteur des services est apparu particulièrement dynamique en novembre aux USA à 54,7, ce qui explique une bonne partie de la progression mondiale.

En revanche, à 49,5 l’ISM Index pour le secteur manufacturier a quelque peu déçu et se trouve compensé au plan mondial par le redressement en zone euro et en Chine.

Ces 2 dernières courbes historiques depuis l’an 2000 de la croissance mondiale avec et hors USA sont le nœud de toutes les difficultés d’appréciation à l’heure actuelle pour nombre d’opérateurs et économistes. Tout ceci dirige vers la question centrale du moment:

que restera-t-il de la croissance américaine, et donc de la croissance mondiale, une fois que les mesures d’assainissement des finances publiques seront mises en œuvre aux États-Unis ? C’est à dire, en d’autres termes, que restera-t-il une fois que les soutiens à la croissance se réduiront via hausse de taxes et coupes budgétaires.

Les consommateurs semblent y avoir répondu négativement la semaine passée au travers de l’indice de sentiment publié par l’Université du Michigan. On y perçoit tout le revirement potentiel violent sous-jacent existant dans la période actuelle qui n’est pas seulement présent en bourse mais aussi au cœur même de l’économie.

Culminant à un plus haut depuis 2008 le mois dernier à 82,7, l’indice de confiance du consommateur chute en ce début décembre à 74,5.
Les anticipations s’effondrent de 13 points et expliquent à 95 % la chute de l’indice total.

La question de la falaise fiscale est au cœur des difficultés des consommateurs à se projeter dans l’avenir à court terme, à la manière de ce qui avait déjà été enregistré en été 2011, lors du vote laborieux et chaotique de la part du Sénat américain qui visait à augmenter le plafond de la dette à l’époque.
Cette chute de l’indice de confiance du consommateur n’avait eu alors toutefois qu’un assez faible impact sur la consommation réelle des ménages américains.

Sur le plan boursier, le CAC40 a conservé son profil haussier la semaine passée avec un gain hebdomadaire de 1,36 % mais l’engagement des acheteurs apparaît globalement plutôt limité aux vues des dernières transactions.

À 3 reprises, le CAC40 a ouvert et fermé ses séances sur le même niveau donnant naissance, en données journalières, à 3 doji typiques des périodes d’hésitation du marché.

En fin de semaine, en alignant 2 doji pratiquement parfaits à la suite l’un de l’autre jeudi et vendredi, le marché est encore loin de marquer un ‘breakout’, c’est à dire une rupture de la résistance à 3600 points.

La vue en données horaires ci-dessous montre clairement des acheteurs systématiquement pris à contre-pied par des prises de bénéfices rapides. De cette configuration se dégage une impression de monter à reculons. Le débordement de la résistance sur 3600 se fait sans grande conviction.

Sont à noter tout particulièrement dans cette ambiance, les impulsions de mercredi et jeudi qui ont été contrecarrées dans l’heure.

Toujours dans le cadre d’un suivi graphique très précis, à très court terme, on se laissera porter par cette tendance légèrement haussière intraday avec un stop glissant en cas de rupture du support sous les plus bas (actuellement à 3585 points)

En effet, en cas de rupture, le gap entre 3532 et 3519 deviendrait rapidement une cible pour les vendeurs.
Ce n’est toutefois que sous 3475 points que les probabilités de franchissement de cette zone absolument clé pour le CAC40 seraient fortement diminuées avec un risque de rechute.

Pour la semaine qui vient outre la grande question de la falaise fiscale américaine, tout un chapelet ‘d’assez bonnes nouvelles’ peut alimenter la hausse comme le succès du rachat de dettes en Grèce, les avancées sur la question de la recapitalisation des banques espagnoles ou encore, moins accessible au grand public, le fait que de nombreuses banques européennes soient prêtes à rembourser par anticipation au moins partiellement les prêts de la BCE (80 milliards sur les 1000 milliards € prêtés il y a 1 an sur une période de 3 ans).

Commerzbank a ainsi annoncé qu’elle remboursera en janvier l’essentiel de son emprunt auprès de la BCE. Tout ceci ne règle pas du tout la question des dettes sur le fonds mais cela repousse un peu plus les risques de défauts imminents. Malheureusement, l’annonce samedi de la démission irrévocable de Mario Monti en Italie vient de relancer négativement la question du budget italien. Le futur politique de la Péninsule redevient plus incertain. Ce coup de théâtre dû au retour de Berlusconi affaiblit la visibilité en zone euro.

Gilles Caye



Gilles Caye
l'analyse de la semaine

Chaque semaine, je reviens sur les
évenements boursiers de la semaine
écoulée et sur les perspectives de la semaine boursière à venir
Les semi-conducteurs et les banques boudent...

Les opérateurs ont démarré la semaine du 10 au 14 décembre dans l'inquiétude concernant la crise politique en Italie. Le retour de S.Berlusconi sur la scène politique a de fait réduit à néant le soutien de son parti, le PDL, à Mario Monti, l'actuel chef de gouvernement. Ce soutien politique étant défaillant, la coalition qui soutient le gouvernement Monti vient donc de sauter, déclenchant la démission du chef du gouvernement après le vote du budget. Coup de théâtre majeur...
17/12/2012
Gilles CAYE, diplômé de l'ESSCA et de l'Université de Dublin, a été banquier pendant 11 ans au CIC. Il est également écrivain et auteur de l'ouvrage « j'apprends la bourse à ma mère » et du blog Apprendre la bourse.