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CAC40 & Dow Jones vont d’un même pas

Le sentiment économique en Europe (ESI ci-dessous) a progressé de 2 points en novembre à 88,1 pour l’Union Européenne (EU, courbe bleue) et de 1,4 points à 85,7 en ce qui concerne la zone euro (EA en rouge)
Il s’agit de la première progression en près d’un an pour cet indicateur général publié par la Commission Européenne pour lequel une stagnation était attendue.

L’inflexion positive en faveur de l’Europe est également de mise dans les derniers chiffrages du sentiment de confiance des investisseurs publiés il y a quelques jours par State Street.

Le tableau ci-dessus reprend par grandes régions l’évolution des transactions réelles effectuées par les investisseurs institutionnels, tels que les banques ou les fonds de pension par exemple.
100 indique une parfaite neutralité dans les positions tenues entre actifs risqués (actions) et non risqués (obligations).
Un résultat inférieur à 100 indique une plus forte pondération des actifs non risqués et donc une élévation de l’aversion au risque et inversement pour tout chiffrage supérieur à 100.

En global, la confiance des investisseurs est au plus bas historiquement.
A 81,2 pour le 2nd mois de rang, elle se situe sous le niveau atteint juste après la faillite de la banque d’affaires Lehman Brothers, quand elle avait atteint 82,1 en octobre 2008.

La dégradation est surtout localisée aux USA qui perdent 6,3 points en un seul mois à 72,3. La question de la falaise fiscale, qui engendrerait une cure d’austérité forcée en cas d’impasse politique au 1er janvier 2013, pousse visiblement les investisseurs à la prudence et la recherche de produits de taux.

En Europe, on assiste au contraire à une amélioration de 5 points ce qui signifie un plus grand appétit pour le risque, de manière toute relative vu le contexte, de ce côté de l’Atlantique.

Ces éléments sont parfaitement en phase avec le mouvement de rattrapage entre l’Europe et les USA en ce qui concerne les marchés actions comme mis en avant à plusieurs reprises lors des précédents points de marché hebdomadaires.

Sentiment économique dégradé mais en légère amélioration, pondération plus favorable des positions des grands investisseurs, le 3ème aspect de l’amélioration en cours en Europe est venu du dossier grec qui s’est décanté pour une bonne partie la semaine passée.

Les termes de l’accord (2013-2016) :

de 2013 à 2020, pour alléger la charge d’intérêts, le taux des prêts accordés à la Grèce va être réduit de 1%.

De plus, une franchise (report) de 10 ans est accordée au pays dans le paiement de ses intérêts aux fonds de sauvetage européens (FESF/MES)

La 3ème mesure concerne l’étalement des échéances des prêts en cours qui passent de 15 à 30 ans.

Les banques centrales des pays appartenant à l’Eurosystème et qui ont acheté des obligations grecques reverseront d’autre part leurs plus-values, soit un peu de plus de 10 milliards d’euros.

La dernière mesure concerne le rachat par la Grèce d’une partie de sa propre dette pour l’équivalent de 35% de sa valeur nominale (35€ pour 100 de dette émise initialement)
Le résultat de cette dernière opération conditionnera la participation du FMI.

Suspendus depuis juin, la Grèce verra enfin le versement de 34 milliards d’euros. Il est prévu pour le 13 décembre. 10 autres milliards seront versés au cours du 1er trimestre.

Les inconnues concernant la Grèce se sont donc partiellement réduites. 3 subsistent toutefois :

à court terme, quid de la réussite du rachat de sa dette pour déclencher l’intervention du FMI comme noté plus haut ?

La Grèce va devoir, également à court terme, recapitaliser ses banques en bonne et due forme, comme vu au mois de juin dernier, date à laquelle elle s’était contentée de recevoir une aide temporaire d’urgence pour ce faire.

À plus long terme, et sans doute après que les élections allemandes en septembre soient passées, la question de l’effacement pur et simple d’une partie de la dette en cours reste pleinement d’actualité tant le surendettement est patent.

Voici autant d’éléments qui viennent en sous-main aider à la sur-performance des indices actions européens actuellement.
Mais sur le fond, toute l’attention des opérateurs reste centrée sur les USA où le politique peut faire chavirer le sentiment à chaque déclaration concernant l’échéance fiscale de la fin du mois.

La volonté de travailler ensemble est là mais les discussions purement techniques la semaine dernière ont montré que l’accord entre Démocrates et Républicains était encore loin d’être acquis.

Le Dow Jones fait du surplace et ne parvient pas à s’affranchir de la résistance horizontale aux alentours de 13000 points. La position est cependant un peu plus solide que la semaine précédente après la prise d’appui sur 12765 et le franchissement de l’oblique baissière sous laquelle la reprise baissière pouvait se réactiver violemment à tout moment.

Balloté par les réactions à Wall Street, le CAC40 suit pas à pas le Dow Jones mais en amplifiant les mouvements.

3475-3490 était le seuil à surveiller la semaine passée, un seuil sous lequel le réveil des vendeurs aurait pu retentir une nouvelle fois et qui a permis à 4 point près (3479,16 mercredi) de relancer la hausse. Ce support en est renforcé pour cette semaine.

Le CAC40 a réussi à déborder assez franchement sa résistance baissière en place depuis les plus hauts de 2009, grâce à un gap haussier entre 3519 et 3532, et à invalider l’îlot de renversement du 18 septembre dernier.

Pour autant, comme souligné la semaine dernière, le signal n’est pas encore clair car entre l’ancienne résistance baissière et la résistance à 3600 points subsiste une zone où peuvent apparaître de faux-signaux.

Entre 3600 et 3900 points, les résistances sont assez peu nombreuses. Vers un appel d’air en cas de franchissement haussier de 3600 points ?

A la baisse, on surveillera toute clôture sous 3519, laquelle pourrait ramener l’indice sur 3490. Mais ce n’est que sous 3475 points que la rechute prendrait du poids.

Gilles Caye



Gilles Caye
l'analyse de la semaine

Chaque semaine, je reviens sur les
évenements boursiers de la semaine
écoulée et sur les perspectives de la semaine boursière à venir
Les semi-conducteurs et les banques boudent...

Les opérateurs ont démarré la semaine du 10 au 14 décembre dans l'inquiétude concernant la crise politique en Italie. Le retour de S.Berlusconi sur la scène politique a de fait réduit à néant le soutien de son parti, le PDL, à Mario Monti, l'actuel chef de gouvernement. Ce soutien politique étant défaillant, la coalition qui soutient le gouvernement Monti vient donc de sauter, déclenchant la démission du chef du gouvernement après le vote du budget. Coup de théâtre majeur...
17/12/2012
Gilles CAYE, diplômé de l'ESSCA et de l'Université de Dublin, a été banquier pendant 11 ans au CIC. Il est également écrivain et auteur de l'ouvrage « j'apprends la bourse à ma mère » et du blog Apprendre la bourse.