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CAC40 : de fortes hésitations pernicieuses

La semaine passée a été une nouvelle fois le théâtre d’une joute entre statistiques européennes en dégradation et statistiques américaines plutôt résistantes même si elles restent dans de basses eaux.

Cependant, plus le temps passe et plus l’échéance de l’élection présidentielle US approche tout comme la date fatidique du 1er janvier 2013 pour cause de ‘fiscal cliff‘, plus ce différentiel apparaît progressivement et paradoxalement presque à l’avantage de l’Europe, une fois considérés les efforts de consolidation et d’assainissement budgétaires réalisés, en cours ou projetés de ce côté de l’Atlantique.

De leurs côtés, les USA affichent des données macro-économiques plus satisfaisantes mais avec très peu de restrictions budgétaires de l’État fédéral (à l’inverse des gouvernements locaux), ce qui soulève de plus en plus chez les opérateurs en bourse la question de savoir ce à quoi ressemblerait l’économie américaine si elle devait s’infliger une cure d’austérité budgétaire de la même ampleur que celle que subissent la zone euro et l’Europe.

Les 2 grandes publications de la semaine, l’IFO et la croissance américaine pour le 3ème trimestre sont très révélatrices à cet égard. La première continue de plier mais la seconde arrive tout juste à maintenir un rythme de croissance stabilisé une fois annualisée.

L’indice IFO du climat des affaires en Allemagne (courbes ci-dessus) s’est ainsi replié pour le 6ème mois consécutif à 100 points après 101,4 en septembre alors que le consensus des économistes attendait au contraire une amélioration à 101,6.
Il s’agit de la plus faible performance de l’économie allemande depuis 2 ans et demi.

Relativement à la chute de 2008, la position actuelle n’apparaît certes pas enviable, d’ailleurs plus très loin de la récession, mais elle n’est pas comparable dans la mesure où les différentes composantes baissent de manière moins groupées et moins franches.
D’autre part, l’ajustement se fait par la composante de la situation actuelle appréciée par les chefs d’entreprises en baisse de 3 points à 107,3 mais les perspectives à 6 mois sont parfaitement stables à 93,2 entre septembre et octobre.

Côté américain, attendue à + 1,9 % après +1,3% au 2nd trimestre, la croissance américaine au titre du 3ème trimestre, suivant cette première estimation préliminaire, est ressortie légèrement supérieure à 2%, comme au 1er trimestre de cette année (histogramme en gris ci-dessous)

La surprise provient essentiellement d’une progression de 3,7% des dépenses gouvernementales (dépenses de la défense en hausse de 13%) et permet une stabilisation de la variation annuelle depuis le début d’année autour de 2% (en rouge)

Sur le plan boursier, Dow Jones, CAC40 et DAX n’échappent pas à un repli compris entre 1,75 et 2% sous le coup de perspectives sombres de la part de Caterpillar et des avertissements sur résultats de la part de 3M, Dupont et de United Technologies qui donnent une tonalité assez terne aux résultats du 3ème trimestre publiés jusqu’ici par les sociétés appartenant au S&P500.

Seul le chiffre de la croissance US aura permis de redonner un peu de tonus au marché en toute fin de semaine.

D’un point de vue graphique, l’absence d’invalidation de la figure de sommet sur le CAC40 évoquée dans le point de marché de la semaine dernière s’est donc confirmée (Voir illustration ci-dessous)

Pour la semaine qui vient, il convient de prendre garde en complément à la formation concomitante d’un diamant dont la sortie pourrait engager, plus tôt que prévu, le prochain mouvement directionnel à partir des seuils cerclés en rouge et vert.

Dans le détail, ci-dessous, on retrouve en condensé, la configuration de très court terme d’il y a 15 jours avec un nouveau double bottom ou double creux et un nouveau potentiel haussier marqué en cas de rupture de l’oblique baissière en rouge.
Les vendeurs vont donc devoir à nouveau reprendre la main sous les derniers plus bas à 3380 pour pouvoir relancer la baisse.

Sans changement depuis la semaine passée, le suivi graphique du CAC40 est d’une priorité absolue actuellement, encore renforcé par la configuration très tangente du Dow Jones, où un repli complémentaire pourrait initier un fort mouvement vendeur en cas de rupture de la tendance haussière en place depuis un peu plus d’une année.

En cas de retour haussier, il convient de rester vigilant tant que la résistance horizontale long terme notée « A » ci-dessus n’est pas reprise en clôture. Sous le support horizontal intermédiaire noté ‘B’, le risque d’assister à de forts dégagements est important.

N-B : la question de la falaise fiscale américaines(fiscal cliff) pèserait en cas d’activation sur 90 % des américaines selon le Tax Policy Center, modifiant potentiellement les décisions économiques et financières de la quasi totalité des résidents US.
En moyenne, selon les calculs de ce centre d’analyse fiscale, les dividendes seraient les plus touchés avec un taux d’imposition moyen qui augmenterait de 20% contre 5% seulement pour les revenus du travail et 7% pour les revenus du capital.
En conséquence, un flot de ventes de titres boursiers ne peut être exclu en cas d’activation ou en cas de peur qu’une telle activation se produise dans l’éventualité d’une impasse politique sur la question du budget.

Les conséquences de cette échéance fiscale majeure ont donc comme cibles non seulement les comptes publics et la croissance/récession mais aussi et très directement l’attrait des valeurs mobilières, des placements et des actions par le biais des dividendes pour les américains.

Gilles Caye



Gilles Caye
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17/12/2012
Gilles CAYE, diplômé de l'ESSCA et de l'Université de Dublin, a été banquier pendant 11 ans au CIC. Il est également écrivain et auteur de l'ouvrage « j'apprends la bourse à ma mère » et du blog Apprendre la bourse.