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Bourse : l’Amérique à la rescousse ?

Comme la semaine précédente, les publications macro-économiques américaines sont globalement apparues meilleures que prévues.

Alors que le consensus des économistes anticipait de nouvelles demandes hebdomadaires d’indemnisation au chômage à hauteur de 370 000 pour la première semaine d’octobre, soit une stabilité après les 369 000 enregistrées lors de la dernière semaine de septembre, l’amélioration est ressortie en sensible amélioration, à 339 000 seulement. (Cf. courbe bleue ci-dessous. En jaune, la moyenne mobile à 4 semaines)

En élargissant le champ de vision, via une vue historique sur les 50 dernières années, et en considérant le nombre des inscrits au chômage, la situation reste dégradée (courbe suivante)

En effet, si la décrue est nette depuis le pic constaté au sortir de la récession fin 2009, la position actuelle est similaire à celles observées lors des pics des 2 périodes de récession précédentes, c’est à dire en 2001-2003 et en 1992-1993.

Sorti de sa zone noire, le nombre d’inscrits reste cependant encore dans sa zone rouge. Comme la semaine passée donc, à la suite de la publication des créations d’emploi et du taux de chômage, les chiffres du nombre d’inscrits tempèrent l’amélioration constatée sur une semaine, une fois considéré le tableau d’ensemble.

Ce choc entre vision favorable de court terme et panorama défavorable de long terme sur les statistiques américaines est pour bon nombre de données de cet acabit.

L’amélioration à court terme dans un paysage d’ensemble très terne et baissier est ainsi également le lot de l’indice de sentiment du consommateur produit par l’Université du Michigan et Reuters (Voir courbes ci-dessous)

Attendu à 78,5, après 78,3 en septembre l’indice est ainsi remonté à 83,1, au plus haut depuis 5 ans, grâce à un bond des anticipations qui gagnent 6 points et presque 15 points depuis le mois d’août. Mais la tendance long terme demeure baissière.

Mis à part les questions lancinantes concernant la zone euro avec l’éventuelle nouvelle impasse de trésorerie en Grèce le mois prochain et le ralentissement en Asie (voir courbe ci-dessus), le marché se remet ainsi peu à peu ‘à l’heure américaine’, d’autant que la saison des résultats des sociétés au titre du 3ème trimestre vient de débuter.

Les analystes financiers abordent avec prudence cette saison, les estimations de bénéfices étant globalement en retrait pour la première fois depuis 2009, ce, en raison notamment de l’effet de base défavorable, compte tenu des très hauts niveaux atteints à pareille période l’an passé. Quand la croissance cale, la progression des bénéfices aussi.

Sans que cela soit très significatif encore, puisque seulement 6% des 500 sociétés qui appartiennent à l’indice S&P500 ont divulgué leurs états comptables au 14 septembre, 59% d’entre elles ont réussi à battre les estimatifs de bénéfice net par action (bnpa), un pourcentage en baisse par rapport à une moyenne de 67% constatée sur l’ensemble des 4 derniers trimestres selon les données compilées par Thomson-Reuters.

Sur le plan boursier, l’ensemble de ces publications macro-économiques américaines ont surtout bénéficié à l’Europe permettant au CAC40 d’aborder jeudi, grâce aux nouvelles inscriptions au chômage, une phase de répit.

A Wall Street, les bonnes publications de fin de semaine ont tout juste contenu le début de baisse qui s’est enclenchée en début de semaine, le Dow Jones passant en tendance baissière à court terme sous sa moyenne mobile à 20 jours.

Marché américain et français perdent tous deux – 2% sur la semaine, mais le profil du Dow Jones et du CAC 40 (ci-dessous) apparaissent ainsi divergents.

La semaine a donc clôturé, sans grande surprise, en baisse, l’alerte baissière ayant été maintenue dans notre point de marché précédent, compte tenu de l’incapacité des acheteurs à reprendre 3474 points.

Après les premiers signaux précurseurs, via le doji en pierre tombale et l’îlot de renversement (island reversal), puis la pré-alerte et enfin la mise en alerte, la configuration générale du CAC 40 reste peu ou prou inchangée par rapport à celle énoncée lors des semaines précédentes.

5 séances baissières sur les 5 dernières à Wall Street ne sont pas, d’autre part, de nature à infléchir ce sentiment baissier en terme d’environnement pour le CAC40.

Néanmoins, et paradoxalement, les vendeurs ont maintenant la tâche un peu plus dure que la semaine passée car ils vont devoir relancer la baisse après les niveaux repris par les acheteurs sur les plus bas de mercredi et jeudi dernier.

En effet, à très court terme, la séance du 10 octobre a été marquée par l’incapacité des vendeurs a amplifier la baisse. Cette incapacité a été également notable le lendemain, lors de la séance de jeudi, malgré une nouvelle fois un début d’impulsion baissière à l’ouverture, très vite contrarié et définitivement avorté en clôture. Il s’agit du premier essoufflement des vendeurs constaté depuis 5 semaines.

Un double bottom ou double creux potentiel est donc présent sur le CAC40 actuellement, ce qui replace les probabilités de poursuite de la baisse sous les derniers plus bas (Voir annotations en bleu sur le graphique ci-dessus). D’autre part, en cas de franchissement de l’oblique baissière (en rouge et en pointillés), la force de rappel du gap pourrait s’exercer rapidement. La reprise de 3474 points aurait d’ailleurs dans ce cas un pouvoir d’accélération vers 3540 susceptible d’être encore supérieur.

L’analyse graphique est autant un outil de prospective, qu’un outil d’évaluations des risques et des opportunités. L’un ne va pas sans l’autre. Ce sont les niveaux ou les seuils-clés qui aident à les déterminer. C’est une approche probabiliste dont la qualité se renforce au contact de seuils graphiques déterminants, là où le rapport entre acheteurs et vendeurs est susceptible de basculer, et donc de matérialiser les risques et de créer des opportunités.

La pression baissière reste présente mais :

  • les vendeurs doivent enfoncer les récents plus bas pour la relancer
  • et, attention au potentiel de contre haussier, qui peut être activé à partir des niveaux notés plus haut, dans un marché où la capacité à produire des mouvements violents est latente.

Gilles Caye



Gilles Caye
l'analyse de la semaine

Chaque semaine, je reviens sur les
évenements boursiers de la semaine
écoulée et sur les perspectives de la semaine boursière à venir
Les semi-conducteurs et les banques boudent...

Les opérateurs ont démarré la semaine du 10 au 14 décembre dans l'inquiétude concernant la crise politique en Italie. Le retour de S.Berlusconi sur la scène politique a de fait réduit à néant le soutien de son parti, le PDL, à Mario Monti, l'actuel chef de gouvernement. Ce soutien politique étant défaillant, la coalition qui soutient le gouvernement Monti vient donc de sauter, déclenchant la démission du chef du gouvernement après le vote du budget. Coup de théâtre majeur...
17/12/2012
Gilles CAYE, diplômé de l'ESSCA et de l'Université de Dublin, a été banquier pendant 11 ans au CIC. Il est également écrivain et auteur de l'ouvrage « j'apprends la bourse à ma mère » et du blog Apprendre la bourse.